// Le patrimoine culturel immatériel

Le patrimoine lié au lin et au chanvre n’est pas seulement matériel. Le travail des plantes, du champ à la chaleur du foyer, du printemps à l’hiver, a donné lieu à de nombreux savoir-faire qui se sont transmis de génération en génération et trouve un renouveau aujourd’hui. Ces activités ont laissé des traces dans la tradition orale à travers contes, chants et proverbes destinés à s’encourager ou à transmettre la bonne pratique.

 

Les différentes étapes du traitement, de la graine à la toile, s’accompagnent de dictons ou proverbes, de chants ou de contes, dans les différentes langues de Bretagne, dont certains sont parvenus jusqu’à nous.

  • “Le coucou est arrivé au pays, il est temps de semer le lin et le chanvre” // “Arri eo ar koukoug er vro, poent eo hadañ al lin hag ar c’hanabo”
  • “Pour le pardon de Kerrod (lundi de Pentecôte), le lin doit faire le tour du chapeau” // “Benn pardon Kerrod, sañset al lin ober an dro d’an tog”

 

De nombreuses expressions encore utilisées trouvent leur origine dans cette histoire : “Connaître les ficelles du métier”, “Faire la navette”...

 

Ces cultures ont marqué le territoire et la toponymie nous livre aujourd’hui la mémoire de l’activité linière et chanvrière. Des villages, des lieux-dits et des rues font référence à ce travail en français, breton ou gallo :

  • Prad lin (pré du lin),
  • Rue du lin,
  • Prad neud (pré du fil),
  • Les rotoés (les routoirs)...

Ces noms nous aident à retrouver le patrimoine lié à la transformation de ces plantes.

 

Parmi les savoir-faire figure le tissage à bras, perpétué en Bretagne par une poignée d’hommes et de femmes. Cette pratique a été inscrite au titre du Patrimoine culturel immatériel suivant les recommandations de l’Unesco.

Un papetier continue par ailleurs à fabriquer du papier de lin et de chanvre, pour la restauration de livres anciens, mais aussi dans une démarche de création contemporaine.